YASMINA BENABBDERRAHMANE - AIC 2018
Texte de Emeline Jaret



2018



À travers le questionnement de la fragile frontière entre la réalité et sa représentation, Yasmina Benabderrahmane construit dans son œuvre une narration de l’intime. Elle transforme toute image afin d’opérer un déplacement du réel vers la fiction et joue consciemment sur la confusion de ces deux univers, en s’appuyant sur son histoire personnelle et familiale pour proposer des micro-récits qu’elle compose par fragments. Dans ses films comme dans ses photographies, Yasmina Benabderrahmane travaille avec l’image en se focalisant sur certains détails, montre un corps ou un paysage en n’en donnant à voir qu’une partie ; le travail de cadrage et de découpe cherche à garantir à l’image qu’elle « concentre sur elle toute la visibilité », explique l’artiste. L’opposition entre l’image et son hors-champ est ainsi mise en valeur dans cette concentration du regard lui permettant de faire du modèle ou du motif un révélateur universel qui relate tant la fragilité des relations humaines que la difficulté de cohabitation de l’homme avec la nature, et inversement. Alors que depuis plusieurs années, les membres de son entourage peuplent son œuvre et alimentent une fiction personnelle, un nouveau projet d’envergure viendra proposer une sorte de synthèse de travaux récents auxquels il fera écho. ⌈…⌋

Émeline Jaret



























































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